Les réglementations environnementales en 2024 : un tournant pour l’immobilier
Depuis plusieurs années, la transition écologique s’est imposée comme un axe prioritaire dans les politiques publiques, et 2024 marque une étape décisive dans le domaine de l’immobilier avec l’entrée en vigueur de nouvelles réglementations environnementales. Ces mesures, conçues pour encourager la sobriété énergétique et réduire l’empreinte carbone des bâtiments, influencent désormais en profondeur le marché, tant dans la construction que dans la transaction de biens immobiliers.
Les normes environnementales renforcées en 2024
En 2024, la législation française a renforcé les exigences en matière de performance énergétique des bâtiments, s’inscrivant dans le prolongement de la Réglementation Environnementale 2020 (RE2020). Ces normes ont pour objectif de :
- Réduire significativement les émissions de CO2 des constructions neuves.
- Valoriser les matériaux biosourcés et à faible impact environnemental.
- Favoriser la performance énergétique globale, tant en construction qu’en rénovation.
- Limiter les passoires thermiques sur le parc immobilier existant.
La réglementation RE2020, applicable depuis 2022 pour les logements neufs, impose en 2024 des exigences encore plus strictes pour les bâtiments non résidentiels et les opérations de rénovation lourde. Les promoteurs, constructeurs, bailleurs et propriétaires sont désormais contraints d’intégrer ces paramètres dès la conception de leurs projets immobiliers.
Impact des nouvelles règles environnementales sur la valeur des biens immobiliers
L’un des effets les plus notables de ces réglementations concerne la valorisation ou la dévalorisation des biens en fonction de leur performance énergétique. Le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE), désormais central dans les transactions, influe directement sur le prix de vente ou de location d’un bien.
Classe énergétique DPE | Impact sur la valeur | Possibilité de mise en location |
---|---|---|
A à B | Très valorisé, forte demande | Oui, aucun frein |
C à D | Stable mais soumis à des améliorations possibles | Oui, mais évolutif selon la réglementation |
E à G | Forte décote, ventes plus longues | Non autorisé à la location dès 2025 pour F et G |
Les biens classés F ou G (communs chez les logements anciens) peuvent voir leur valeur baisser de 20% à 30% par rapport à un bien de même configuration, mais avec une meilleure étiquette énergétique. C’est pourquoi les investisseurs doivent désormais intégrer systématiquement cet élément dans leur stratégie d’achat ou de rénovation.
La rénovation énergétique : une obligation et une opportunité
Les nouvelles réglementations transforment la rénovation énergétique en passage obligé pour les propriétaires de logements anciens. Dans le cadre de la loi Climat et Résilience, les passoires thermiques classées G seront interdites à la location dès janvier 2025, F en 2028, et E en 2034.
L’État accompagne cette transition avec des aides financières, dont :
- MaPrimeRénov’ : aide accessible à tous les propriétaires pour financer leurs travaux d’isolation, de chauffage ou de ventilation.
- Eco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) : pour financer un bouquet de travaux sans payer d’intérêts.
- Certificats d’économies d’énergie (CEE) : subventions fournies par les fournisseurs d’énergie.
En 2024, les montants de certaines primes ont été revalorisés, notamment pour les rénovations globales qui assurent un saut de deux classes DPE minimum. Cette politique vise à inciter les travaux ambitieux plutôt que les rénovations partielles.
Quelles conséquences pour le marché de l’investissement locatif ?
Les nouvelles exigences énergétiques complexifient le marché de l’investissement locatif, notamment pour les biens situés dans les centre-villes anciens où les rénovations peuvent s’avérer coûteuses. Les investisseurs doivent aujourd’hui envisager :
- Une analyse approfondie du DPE avant achat.
- Un budget travaux intégré dès l’acquisition.
- Un suivi rigoureux des normes en évolution.
Cette transformation du cadre réglementaire favorise néanmoins l’émergence de nouvelles opportunités, en particulier sur le marché des logements rénovés ou neufs. Les financements attractifs proposés par certaines banques pour les logements écologiques, comme les « prêts verts », confirment cette tendance.
L’écoconstruction et les matériaux biosourcés à l’honneur
Les normes environnementales de 2024 favorisent l’essor de l’écoconstruction, faisant des bâtiments passifs ou à énergie positive des références recherchées par les acheteurs éclairés. Les promoteurs immobiliers orientent désormais leurs projets vers un moindre impact carbone grâce à :
- L’utilisation du bois, de la , du chanvre ou encore du lin comme isolants naturels.
- L’intégration de systèmes de récupération d’eau de pluie et de panneaux photovoltaïques.
- Des constructions compactes, bien orientées, minimisant les besoins en chauffage et en climatisation.
Le coût de ces innovations peut sembler élevé à l’achat, mais permet souvent de réaliser des économies sur le long terme, tout en répondant aux attentes d’une clientèle de plus en plus sensible aux questions climatiques.
Les professionnels de l’immobilier face à une montée en compétence obligatoire
Dans ce contexte réglementaire en mutation, les acteurs du secteur immobilier – agents, notaires, diagnostiqueurs, promoteurs – doivent s’adapter rapidement. Depuis 2023, la formation sur la transition énergétique est obligatoire pour les professionnels habilités. Les agences commencent à intégrer des compétences en conseil en rénovation énergétique pour accompagner au mieux leur clientèle.
De plus, la transparence des performances énergétiques devient un élément incontournable dans les annonces de vente et de location. Un bien immobilier ne peut plus simplement être évalué selon son exposition ou son emplacement : la qualité énergétique devient aussi déterminante que la surface habitable.
Immobilier et transition environnementale : vers une refonte du patrimoine bâti
Les nouvelles normes environnementales de 2024 ne sont pas seulement des contraintes : elles ouvrent aussi la voie à un rééquilibrage du marché immobilier. Les logements vétustes n’auront bientôt plus leur place sur le marché locatif, tandis que les biens performants verront leur attractivité renforcée.
Les propriétaires, qu’ils soient occupants ou bailleurs, doivent ainsi envisager dès à présent une mise à niveau énergétique de leur patrimoine. Cette mutation s’accompagne d’un changement plus profond : celui de la manière dont l’immobilier est pensé, conçu et utilisé dans une société de plus en plus soucieuse de son impact environnemental.